Une oeuvre d'art a t-elle toujours un sens ?

  « Et voici que le monde (qui n’a pas été créé une seule fois mais aussi souvent qu’un artiste original est survenu) nous apparaît entièrement différent de l’ancien, mais parfaitement clair. » Par cette pensée, Marcel Proust résume en quoi l’art met en jeu une réflexion sur l’être, sur la réalité, sur l’apparence. Rejoignant en cela Aristote (322 avant notre ère) qui estimait que l’art permet d’atteindre une vérité plus générale que la vérité immédiate.

  Expression unique et originale du monde, l’œuvre d’art a des fonctions sociales, des dimensions émotionnelles. Elle n’implique pas que l’artiste qui interprète mais aussi le sujet qui perçoit et reçoit la création selon sa subjectivité, selon le contexte social et l’époque où il baigne.

 Ainsi la définition de l’art, la valeur, la signification de l’œuvre d’art varient selon les périodes historiques, notre rapport au passé, l’actualité…  

Mais au fait, de quoi l’œuvre d’art est-elle la révélation ?...

 Une œuvre d’art est la création d’un artiste donc d’un sujet qui pense, qui ressent et conçoit en fonction de son histoire personnelle, de son état d’esprit, de sa culture et de son époque. L’œuvre est donc le résultat d’un travail qui suppose qu’il y ait eu des intentions et des attentes de la part de son créateur. C’est pour ces raisons que l’on parle d’un sens de l’œuvre, le mot sens évoquant l’idée que l’œuvre signifie quelque chose, qu’elle renvoie à autre chose qu’elle-même – une idée, un sentiment, une émotion, etc. – conformément à la définition du signe en général.

 

TRANSMETTRE

  Que serait un homme à qui on n’aurait rien transmis ?... Au fil des siècles, entre conservation de la mémoire et promesse d’innovation, les humains enrichissent leur héritage et le passent de génération en génération. Langue, techniques, science, art, Histoire, pratiques, traditions, rituels, valeurs, comportements… Autant de biens dont l’enjeu est de faire durer un monde, qui, sans la transmission demeurerait figé.

 

 

 La fin de l’Antiquité : décadence ou modernité ?

 Par MARC LEBIEZ  

 

Philosophe et helléniste. Collaborateur de la Quinzaine littéraire, des Temps modernes, de Critique. Auteur de plusieurs livres dont Décadence : Homère, Éloge d'un philosophe resté païen et Les Premiers Temps Modernes 

                

Le passé est un terrain d'exploration et de réflexion, qui peut nous aider à mieux penser le présent ...

La conférence de lundi 25 avril nous apporta des éclairages sur une période déterminante de l'Histoire de l'humanité : la fin de l'Empire Romain. 

 L'instauration d'un mode de pensée et d'une vision du monde nouveaux imprégneront la civilisation occidentale pendant des millénaires.

 Comment ce changement a-t-il été perçu par les contemporains de cette époque ?

 Comment a-t-il été perçu par les contemporains de notre époque ?

 Décadence ou modernité ? Progrès ou régression ?

  "Quand on parle de « décadence », la référence, consciente ou implicite, est toujours la fin de l’Empire romain. Dire « décadence », c’est toujours se référer à cette époque, du moins à l’idée que l’on s’en fait. Un thème récurrent est celui de l’invasion par les barbares, dont chacun sait (ou croit savoir) qu’ils ont détruit l’Empire romain et causé de terribles régressions qu’il a fallu des siècles pour surmonter. Si vous combinez ces « invasions » redoutées avec la dérive des mœurs (certains s'inquiètent aujourd'hui de l’avortement, du mariage des homosexuels, etc.) et la perte supposée de leur technique par les artistes, avec la montée affolante de l’ignorance, vous arrivez vite à la conclusion que notre époque vit une terrible décadence.

 A mieux regarder ce qui s'est passé à la fin de l'Antiquité, on se fera peut-être une idée plus saine de notre époque aussi."

Notre conférencier nous dévoila "le fin mot de l'Histoire..." avec un point de vue distancié, une analyse des événements du passé, une autre vision de l’Histoire...

 Philosophe et helléniste, Marc Lebiez est collaborateur de la Quinzaine littéraire, des Temps modernes, de Critique. Auteur de plusieurs livres dont Éloge d'un philosophe resté païen ; Décadence et Modernité :Tome 1 Décadence : Homère,- Tome 2  Les Premiers Temps Modernes. Vient de paraître: OEdipe athée.

Le livre qui fut le sujet de cette conférence :

Les Premiers Temps Modernes

est disponible sur amazon.fr

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Progrès technique – progrès humain

 Progrès : D'après le Petit Robert, le terme apparaît en 1532 et viendrait de « progressus » =    « développement », « action d'avancer ».

L’homme se distingue de l’animal par le langage et la technique. Sa capacité d’inventivité et de production est infinie et transmissible. Il créé des outils grâce à sa main guidée par son intelligence. En transformant la nature il se transforme lui-même. La technique, de simple savoir-faire devient art puis science appliquée. Le XVIIe siècle ouvre une nouvelle ère technique qui aboutit à une techno-science qui se développe dans le contexte du mouvement philosophique des Lumières. Elle est considérée comme nécessairement bienfaitrice, le savoir devant permettre de répondre à toutes les questions qui se posent à l’Homme. Les mutations des modes de vie que les connaissances scientifiques entrainent sont considérées comme un bien en soi. On parle du progrès avec un P majuscule.

Les recherches de Newton et dans les siècles qui suivent, les travaux du mathématicien Laplace, du physicien Maxwell, ou encore plus tard du biologiste Pasteur, pour ne citer qu’eux, répondent à des besoins vitaux : se chauffer, se soigner, éclairer, voyager, communiquer, etc. Ainsi par exemple, à partir du XIXème siècle, la maîtrise de la thermodynamique, associée à la mécanique puis à l’électricité aboutit au développement des locomotives et des systèmes ferroviaires. Le XIXème siècle ne fera que confirmer cette glorification du progrès technique avec l'avènement du positivisme (« L'ordre pour base et le progrès pour but », écrit Auguste Comte).